27 avril 1958 -27 avril 2020:  Rendons hommage à l’héroïque résistance du peuple togolais contre la dictature fasciste.

AccueilInterview

27 avril 1958 -27 avril 2020: Rendons hommage à l’héroïque résistance du peuple togolais contre la dictature fasciste.

Nous sommes à la veille d'une date historique le 27 avril 1958 où le mouvement nationaliste remporta une grande victoire sur le colonialisme français

Hubert ATTISSO: « Actuellement aux TOGO est ce seulement ANC qui va aux locales, Comment peut on prôner l’unicité dans l’hypocrisie, la jalousie, la médiocrité et dans la haine? »
La Loupe du Correcteur: Le bonheur d’une route
La Loupe du Correcteur: « L’an 1 du «quadramandataire» rien à célébrer !

Nous sommes à la veille d’une date historique le 27 avril 1958 où le mouvement nationaliste remporta une grande victoire sur le colonialisme français. Aujourd’hui, on se rend compte que certains togolais se réclamant du courant démocratique ignorent, jusqu’aujourd’hui, le sens réel et la signification de ladite date. Cette situation les amène à travestir, non seulement, la lutte anti coloniale mais aussi et surtout la résistance contre la dictature fasciste du clan Gnassingbé.

Il est remarquable qu’à cette veillée du 27 avril, l’association Diaspora Togolaise en Belgique -DTB- vient de nous servir sur les réseaux sociaux un document intitulé «Togolais, ton cœur soupir t-il (toujours) vers la liberté ?». Un titre révélateur qui fait allusion à un couplet de notre hymne national qui, précisément il y a soixante-trois-ans nos valeureux APLANGAVIO, militants de la JUVENTO et du CUT défia physiquement et militairement, le 31 mai 1957, le colonialisme français en arrachant par devant une délégation onusienne le drapeau du gouvernement autonome du laquais Nicolas Grunitzky.

Ce qui nous incombe, aujourd’hui, c’est la lutte contre cette dictature qui s’est installée- tout juste -après la lutte anti coloniale. C’est cette démarche qui nous amène à nous pencher sur le contenu de la déclaration de la DTB. Après avoir passé au crible ce document, on ne trouve, en aucun endroit, aucune résistance populaire et surtout le parcours héroïque du peuple togolais après le crime crapuleux du 13 janvier 1963. Selon cette association, «le peuple togolais a accepté les 53 ans de la dictature sans broncher en disant que, de toutes les façons, rien ne vaut la vie, fut-elle misérable et innommable…»
En lisant une telle déclaration, on dirait que ce discours émane des compatriotes qui n’ont jamais vécu au Togo d’Eyadema ! Et ce n’est pas la première fois que nous lisons une telle assertion qui, en réalité, émane souvent des gens qui menaient dans la tranquillité une confortable vie sous cette dictature.

C’est souvent à la suite d’une déception ou un simple conflit d’intérêt qu’ils découvrent, par hasard, les vertus de la lutte. Dans ce registre, ces gens veulent -aujourd’hui- nous faire croire que les togolais et notamment la jeunesse se sont laissés corrompre ou ont fait preuve d’une lâcheté sous ce régime. Certainement pas. Il en ressort que les auteurs de ce discours -couvrir d’opprobre- parlent d’eux-mêmes et non des patriotes et des démocrates qui ont sacrifié leurs vies familiales, professionnelles et verser leur sang ! Il est remarquable que ce soit à la suite d’une déception électorale que de telle théorie méprisante, insultante et nauséabonde surgissent pour dénigrer, piétiner le vaillant peuple comme un paillasson. Non !
Il est d’autant plus surprenant que les auteurs de ses insanités viennent de ces partis qui ont constamment saboté la lutte populaire en soutenant la politique de conciliation et des urnes avec les tenants de cette dictature fasciste.

Curieusement c’est encore eux qui courent comme un chien enragé -derrière une prétendue manifestation de l’esprit saint- oubliant, honteusement, nos morts d’hier et d’aujourd’hui !
Sans nul doute il semble que les auteurs de ce discours décousu et défaitiste ont oublié les luttes multiformes de notre peuple sous cette dictature de type fasciste.

Rappelons-nous de quelques évènements qui nous ont marqués:

● Les arrestations arbitraires, les détentions sans jugement pour simple délit d’opinion, les tortures et sévices sans nom que les travailleurs, parents d’élèves, professeurs et enseignants subissaient dans les geôles de ce régime. Ces pratiques qui semaient la terreur parmi les masses non organisées…

● Les auteurs de ce discours insipide ont-ils oublié la nuée d’agents, de mouchards et d’espion de tous poils que le pouvoir avait lancé dans le peuple pour pourchasser, traquer les démocrates révolutionnaires qui répandaient, ventilaient la littérature révolutionnaire sur le territoire ? (Voir les arrestations des universitaires et des ouvriers du Port de Lomé, de Kpeme en 1977-1978 et 1985 -1986)

● Les auteurs de ce discours ont-ils oublié le cas de ces curés catholiques qui dénonçaient l’autocratie pendant leur sermon, homélie et furent sauvagement bastonnés, torturés en plein jour…? Connaissaient-ils l’odyssée de l’affaire des mercenaires en 1977-1978, les poseurs de bombes en 1985 et la rébellion de septembre 1986 ?

● Les auteurs de ce discours ont-ils oublié le camp de concentration d’Agombio et la prison de Mango où étaient interné des centaines de résistants et d’opposants au régime ? Connaissent-ils l’histoire de Boukari Kerim qui mourut dans des conditions atroces après sept années dans les geôles de la dictature ? Et l’itinéraire politique de notre illustre Adoté Omer, mort sous la torture en 1985 ? C’est toujours dans ce contexte d’une résistance acharnée qu’ont été arrêtés, en décembre 1985, des démocrates et communistes comme Fousseni Mama, Kogbetse Yao, Johnson Achroe, Atsu Kokou, Tanko Diasso, Amoussa Fatayi, Ibrahima Diasso, Karamadjo Paul etc. Sans aucune inculpation ni jugement public; ils sont jetés en prison, torturés comme de grand criminels.

● Enfin, les auteurs de ce discours veulent-ils occulter le mouvement populaire du 5 octobre 1990 ? Il est incontestable que les quelques fragments de liberté que nous continuons de jouir, aujourd’hui, sont le fruit de se soulèvement populaire d’octobre-novembre 1990 et non le résultat d’une quelconque négociation, dialogue et élection avec les tenants de l’autocratie.

Dans ce contexte où notre vaillant peuple a montré aux yeux du monde qu’il sait distinguer ses ennemis de ses amis; qu’il sait encore mieux détecter, par son expérience, ceux qui veulent le mener en bateau pour assouvir leurs besoins insatiables du pouvoir sous la couverture d’une prétendue alternance politique; l’héroïque peuple togolais n’a jamais «accepté cette dictature sans broncher et sans riposter… ». L’histoire a plutôt montré que les démocrates et les communistes togolais ne se sont jamais croisés les bras; ils ont organisé de janvier 1963 à nos jours une longue et héroïque résistance; tandis que la plupart de ces gens qui critiquent une certaine passivité de notre peuple, en ce moment, étaient des fervent membres des «Groupes chocs», des animateurs de la JRPT et des sous sections scolaires -3-S- qui déhanchaient aux rythmes des chansons à la gloire d’Etienne Eyadema et de son régime.

En substance, nous sommes en réalité en face d’un discours qui refuse le combat y compris l’action et l’initiative politique; qui sous-tend à déconstruire, non seulement, l’histoire de la résistance togolaise, mais aussi, à occulter le sacrifice suprême des patriotes qui sont tombés héroïquement !
Indubitablement, l’intrépide jeunesse togolaise et les masses populaires sont prêtes à reprendre le flambeau de cette noble lutte; à condition que les organisations démocratiques et anti-impérialistes les amènent à se former politiquement, à s’organiser et enfin à rompre définitivement avec la veulerie, les négociations, les tables rondes et les élections truquées d’avance qui -évidemment- ont montré leurs faiblesses et limites face à cette dictature sanguinaire.

Bruxelles, le 26 avril 2020

Le Togo En Lutte
Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises En Exil

error: Le contenu est protégé !!