Appolinaire Yaovi Anani ATILEY: « Il faut retourner sur le terrain et remobiliser les jeunes à qui je dis de ne pas se décourager et la victoire sera à nous. »

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Appolinaire Yaovi Anani ATILEY: « Il faut retourner sur le terrain et remobiliser les jeunes à qui je dis de ne pas se décourager et la victoire sera à nous. »

Appolinaire: l’homme le plus proche de Jean-Pierre Fabre ? Il est connu comme étant le chauffeur de Fabre. Certains disent qu’il est son garde-du-c

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Appolinaire: l’homme le plus proche de Jean-Pierre Fabre ?

Il est connu comme étant le chauffeur de Fabre. Certains disent qu’il est son garde-du-corps, son homme de confiance et même son alter ego. Mais qui est en fait ATTILEY Apollinaire, ce monsieur que l’on voit partout depuis plusieurs années aux côtés du président de l’ANC?

Monsieur Apollinaire, qui êtes-vous au juste dans l’ANC?

Je suis le chauffeur personnel de monsieur Jean-Pierre Fabre. Mais je suis également vice-président de la Jeunesse de l’ANC, président de la sous-section de Kodjoviakopé et 2ème vice-président de la fédération du 4ème arrondissement.

Et pourquoi Fabre vous a choisi comme chauffeur?

Il a confiance en moi. En matière de conduite, je ne peux pas dire que suis le meilleur, mais il m’a choisi.

Quelqu’un comme vous a intérêt à se camoufler. Mais pourquoi vous avez choisi de vous distinguer avec cette grosse barbe?

C’est juste mon style. J’avais la barbe avant de devenir chauffeur de Fabre. De toutes les façons, quand vous faites la politique, vous devez vous attendre à deux choses: la prison et la mort. Je ne suis pas inquiet.

Depuis quand êtes-vous intéressé par la politique?

Depuis 1990, avec le Vent de l’Est. Mon père et sa détermination aux côtés de Sylvanus Olympio, la dictature du RPT et les violations des  droits de l’homme sont des choses qui m’ont poussé dans la politique.

Vous a-t-on déjà proposé argent ou autre chose pour abandonner la lutte? Il y a un adage qui dit que tout le monde a un prix.

Personne ne peut me corrompre et je ne vois pas à quel prix on peut m’acheter.

Entre-temps, vous étiez en détention.

Oui, on m’a accusé de choses qui n’étaient pas réelles et on m’a emprisonné durant 6 mois à la Réserve. Le but est de décourager les jeunes qui sont à la tête de la lutte ou tout simplement faire disparaitre l’ANC. Brûler un marché, c’est criminel. C’est eux-mêmes qui ont brûlé les marchés. Une 1ère fois, j’ai été également arrêté parce que j’ai eu la malchance d’être avec Fabre lors d’une de ses arrestations. 

Comment vous avez été traité à la Réserve?

Les deux 1er mois ont été très pénibles. J’étais enfermé dans une cellule hermétiquement close et très sale. Visites interdites, et si visite il doit y avoir, alors on me sortait menotté. Etienne Yakanou qui était avec moi est mort dans ces conditions.

Et après votre libération, il y a eu une suite?

Non, nous n’avons même pas été jugés. Maître Apevon était notre avocat. On ne le laissait même pas nous poser des questions. On nous entourait de gendarmes. Pour mon cas, ils ont levé l’inculpation qui pesait sur moi. Il y a certains qui ont fait 5 ans en prison sans jugement, comme Mohamed Loum et d’autres.

Quels est le plus grand danger que vous avez vécu depuis votre entrée dans la lutte politique?

C’était le 16 août 1998 quand Eyadema avait envoyé l’armée pour assassiner Jean-Pierre Fabre. Ils sont venus tirer sur sa maison, avant d’aller chez Patrick Lawson et Amah Gnassingbé. Fabre était Secrétaire général de l’UFC. C’est un jour que je ne peux pas oublier. J’étais presque mort, mais par la grâce de Dieu, je suis toujours là.

J’ai été grièvement blessé, mais pas chez Fabre. J’étais allé chez Patrick Lawson qui était abandonné par ses jeunes. Voyant la mort arriver, je l’aidais à escalader sa clôture quand une barre de fer s’est enfoncée dans mon poignet. Je remercie le docteur Bouabé. Sans lui, je ne serais plus de ce monde.

Vous aviez vécu aussi un incident à Tchamba.

C’était une tournée nationale de l’UFC, avec à la tête, Jean pierre Fabre, feu Amah Gnassingbé, feu Diabakté et Kakou Emmanuel. On revenait de Kamboli. Arrivés à Tchamba, il y avait des jeunes très excités, avec des machettes. Ils ont barré la route et ont aspergé notre voiture d’essence. Mais Dieu merci, nous avons eu la vie sauve.

Vous pourriez mourir à la place  de Fabre. Vous le savez?

Oui, ça a d’ailleurs failli arriver lors d’une de nos marches de la C14. Les gendarmes me tiraient dessus, croyant que Fabre était à bord. Je suis prêt à mourir pour lui.

Chauffeur de Fabre, c’est sûr que vous le connaissez très bien.

Le président est une personne très simple, humble et gentille. Les mauvaises choses qu’on dit sur lui, ce sont des calomnies.

Donc il n’est pas orgueilleux, arrogant etc.

Approchez-le et vous verrez. Je ne suis pas en train de faire son éloge.

Qu’est-ce-que vous appréciez le plus chez lui?

Il est calme et très déterminé. C’est grâce à lui que moi j’ai corrigé certains de mes comportements.

Vous pensez qu’il peut être président?

Il l’est déjà, parce qu’il a été volé plusieurs fois.

Oui mais de par ses compétences et sa personnalité, il peut  être président de la République?

Oui, il peut diriger ce pays, grâce à sa détermination et sa compétence. Je sais ce que je dis.

Il n’y a pas d’homme irréprochable.

Oui mais Fabre est irréprochable, parce qu’il est bon. Il n’a pas de points faibles. Ça fait plus de 25 ans que je suis avec lui.

Quand il y a eu scission, qu’est-ce qui vous a poussé à aller du côté de l’ANC et non de l’UFC?

J’étais le garde-du-corps de Gilchrist, mais j’ai l’impression qu’il nous a trahis, alors que nous étions si près de la victoire.

Vous avez espoir que ça changera?

Il faut retourner sur le terrain et remobiliser les jeunes à qui je dis de ne pas se décourager et la victoire sera à nous. 

Elizot

Entretien exclusif du journal « Sika’a et de « Togo Actualités »

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