Ce ne sera que justice pour nos enfants, AGRIGNA Rachad, ZOUMEKEY KokouJoseph, MOUFIDOU Idrissou, NAWA Ino Tchakondo et bien d’autres: Sur ces mots, « Un collectif des familles des victimes » a été lancé ce matin

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Ce ne sera que justice pour nos enfants, AGRIGNA Rachad, ZOUMEKEY KokouJoseph, MOUFIDOU Idrissou, NAWA Ino Tchakondo et bien d’autres: Sur ces mots, « Un collectif des familles des victimes » a été lancé ce matin

A la suite de la mort par balle des enfants de 9 à 13 ans au Togo lors des manifestations, les familles des enfants face à la presse ce mercredi 24 f

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A la suite de la mort par balle des enfants de 9 à 13 ans au Togo lors des manifestations, les familles des enfants face à la presse ce mercredi 24 février 2021 à Lomé pour lancer un collectif dénommé « Collectif des familles des victimes ».

Amnesty International, les organisations de la société civile, les partis politiques de l’opposition avaient appelle donc à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale sur les circonstances des morts et l’usage excessive de la force par les forces de sécurité.

Le ministre de la Sécurité, Yark Damehane, a demandé d’attendre la fin de l’enquête avant de tirer des conclusions hâtives sur les raisons du décès de ces enfants.

Yark Damehane a toujours déploré les débordements qui ont entraîné des réactions des forces de l’ordre.

Mais Hélas … les enquêtes sont jusqu’à nos jours sans suite.

Voici la déclaration des parents de AGRIGNA Rachad, ZOUMEKEY KokouJoseph, MOUFIDOU Idrissou et NAWA Ino Tchakondo ci-dessous:

DISCOURS DE LANCEMENT OFFICIEL DU COLLECTIF DES FAMILLES DES VICTIMES

Chers concitoyens,


La conférence de presse de ce matin vise à informer l’opinion nationale et internationale de la création au Togo, d’un Collectif des familles des Victimes.


Nous sommes des mères, des pères, des sœurs, des frères, des parents d’enfants morts de mort violente. Nos enfants ont été arrachés à notre affection non par accident, mais suite à un acte délibéré lors de manifestations publiques pacifiques auxquelles nos enfants ne participaient pas.


Citoyens du Togo de conditions modestes et en tant que tels, nous avons dès le début cru en la capacité de la justice de notre pays à dire le droit et à identifier les coupables pour qu’ils soient punis selon les lois en vigueur. Nous avons attendu, depuis 2 ans pour les uns, 3 ans voire plus pour les autres, vainement que justice soit rendue pour que nous puissions faire nos deuils.


Toutes les démarches faites individuellement ont été vaines. Nous nous sommes rendu compte qu’aucune famille ne peut à elle seule mener ce combat qui nécessite beaucoup d’énergies et aussi des ressources malheureusement au-dessus de nos forces individuelles.


Réfléchissant aux voies et moyens pour obtenir des réponses à nos préoccupations notamment la vérité et la justice, nous sommes parvenus à l’idée de mutualiser nos forces.


Il s’agit d’une initiative dans un cadre informel pour mutualiser nos énergies, nos ressources et utiliser au mieux les mécanismes légaux à notre portée pour faire la lumière sur la mort de nos enfants et proches. D’autres familles qui sont dans le cas et qui ont besoin d’engager une procédure légale ou qui veulent contribuer à faire cesser l’impunité sont les bienvenues. Nous croyons à la capacité de chaque citoyen pour faire briser le silence et lutter contre l’impunité. Malgré la volonté des organisations de
défense et de promotion des droits humains, nous avons le devoir de nous soutenir et contribuer à bannir la haine et demander justice.


Vous ne pouvez pas imaginer ce que nos vies sont devenues depuis que nos enfants AGRIGNA Rachad, ZOUMEKEY Kokou Joseph, MOUFIDOU Idrissou, NAWA Ino Tchakondo sont lâchement assassinés.


Voir des enfants jouer sans le sien ; voir des élèves rentrer de l’école sans le sien ; tomber sur une photo ou un habit de son enfant assassiné… lorsqu’on arrange les affaires à la maison… C’est très pénible, difficile et plus fort à supporter. Nous avons du mal à accepter que nos enfants ne reviendront
plus jamais. C’est un calvaire que nous traversons et vivons au quotidien et durant toutes ces années et certainement pour toute la vie.


Le rêve que nous avions lorsque nous les regardions grandir est définitivement brisé. Il nous est impossible de faire le deuil sans connaître la vérité et la justice.


Nous ne nous connaissons pas, mais nous partageons la même douleur née de la même histoire tragique, celle de l’assassinat de nos enfants. Ceci constitue une torture morale et psychologique pour nous.


Il est temps que les meurtriers de nos enfants soient connus ; Il est temps que les assassins de nos enfants soient traduits en justice ; Il est temps que les différentes familles victimes de cette situation fassent leur deuil. Il est temps que ces tueries et assassinats nourris d’impunité cessent. Nous
l’exigeons en mémoire de nos enfants, et nous nous battrons pour que surtout, il n’y ait plus jamais ça sur la terre de nos aïeux.


Nous avons déposé des plaintes à Bafilo et à Lomé. A ce jour, nous n’avons pas constaté des évolutions devant ces tribunaux. Le Collectif des Familles des Victimes lance un appel au gouvernement à travers le ministère de la justice, à tout mettre en œuvre pour l’avènement de la vérité, la justice et surtout la garantie de non répétition.


Les quatre familles ici regroupées ne sont pas les seules à trainer cette douleur de l’assassinat de leur enfant. Il y en a bien d’autres et nous en sommes sûrs. C’est donc le lieu pour nous de lancer un vibrant appel à toutes les familles qui sont à la recherche de la vérité et la justice pour leurs enfants, à rejoindre le Collectif des Familles des Victimes pour qu’ensemble nous menions le combat et parvenions à obtenir la vérité sur les circonstances de la mort de nos enfants, les causes de leur décès, les auteurs
et les commanditaires de cet acte ignoble qui nous endeuille tous et change nos vies à jamais.


Il nécessite un creuset qui nous rassemble, nous qui partageons la même histoire, cette douleur immense et ce deuil qui assombrit l’horizon, d’où la création de ce collectif ouvert à toutes les familles qui sont dans la même situation que nous.


Nous avons le droit de connaître la vérité ; nous avons le droit de connaître les auteurs de l’assassinat de chacun de nos enfants; nous avons le droit que ceux-ci soient traduits devant la justice pour répondre de leur acte. Ce ne sera que justice pour nos enfants, AGRIGNA Rachad, ZOUMEKEY Kokou Joseph, MOUFIDOU Idrissou, NAWA Ino Tchakondo et bien d’autres.
« Le temps passe, mais la mémoire reste ».


Fait à Lomé, le 24 février 2021

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