DÉCLARATION SOLENNELLE DU DOCTEUR NAGBANDJA KAMPATIBE, DÉPUTÉ A L’ASSEMBLÉE NATIONALE SUR LA SITUATION POLITIQUE AU TOGO EN CE DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2018

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DÉCLARATION SOLENNELLE DU DOCTEUR NAGBANDJA KAMPATIBE, DÉPUTÉ A L’ASSEMBLÉE NATIONALE SUR LA SITUATION POLITIQUE AU TOGO EN CE DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2018

Moi, Dr Nagbandja François KAMPATIBE, Député de la Nation togolaise toute entière, ne parlant au nom d’aucun parti politique ni d’aucune opinion parti

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Moi, Dr Nagbandja François KAMPATIBE, Député de la Nation togolaise toute entière, ne parlant au nom d’aucun parti politique ni d’aucune opinion partisane, je m’adresse à mes compatriotes togolais de tout bord politique et de la société civile, à la CEDEAO et à toute la communauté internationale.

Je ne dois plus me taire. Je ne peux pas me taire suite à ce que j’ai constaté hier et qui a ouvert mes yeux sur un aspect particulier de la crise politique au TOGO. En effet, hier j’ai vu à TOGBLEKOPE, au nord de Lomé, un dispositif militaire impressionnant que tout le monde peut aller constater. Il y’avait sur le pont, des militaires fortement armés. Au-delà du pont, il y avait un blindé militaire stationné avec le canon pointé vers l’Ouest comme si le Togo était en guerre contre un pays voisin. Ce dispositif militaire vient renforcer ce qui existait déjà depuis le début de la crise en août 2017, à savoir des check points militaires à l’entrée et à la sortie de toutes les villes du Togo mais avec resserrement particulier autour des villes de Mango, Bafilo et Sokodé. IL faut noter aussi, les descentes d’escouades militaires pour battre de paisibles citoyens, jusque dans leur domicile. Si on ajoute à tout ce qui précède la descente injustifiéedu Chef d’Etat Major en personne sur le terrain le 7 décembre 2018, pour dit-on, vérifier l’efficacité du dispositif de sécurité mis en place, on est en droit de se poser des questions sur les raisons profondes qui motivent cette agitation militairement inopportune.

Je pose alors une première question au General Yark Damhane, Ministre de la Sécurité. Qu’est ce qui démontre que les forces de sécurité et de maintien d’ordre que sont la gendarmerie, la police soient débordées au point qu’il faille demander la rescousse de l’armée pour un service qui n’est pas de son ressort en temps de paix ?

Au Général Katanga, qu’il me dise si le Togo est en guerre et avec qui, pour justifier le quadrillage de tout le pays par des militaires ? Pour nécessiter aussi en plus le rappel des réservistes que sont les anciens militaires retraités depuis 2010 à ce jour ?

Tout observateur avisé ne peut et ne doit resté indifférent face à cette militarisation du pays que rien à première vue ne justifie. Peut-on conclure que tout ce déploiement militaire est juste pour garantir la sécurité des élections frauduleuses qui s’annoncent pour le 20 décembre 2018 ? Si c’est simplement cela, peut-on encore croire que ces élections seront libres et transparentes ?

Pour ma part, ces questions m’ont conduit à une déduction qui fait froid au dos. Les élections forcées du 20 décembre seraient-elles un énième coup de force militaire pour, comme en janvier 1963, en avril 1967 et en février 2005, perpétuer dans notre pays un régime militaire qui se voile d’un manteau de démocratie depuis plus de 50 ans? Oui, il est fort probable que ce soit un coup de force militaire maquillée en élection législative, à la barbe et au nez de la CEDEAO et de toute la Communauté Internationale.

Si, ma déduction est vraie, alors tout le pays court vers un danger plus grand que ce qu’il a connu après les élections de 2005. Face à la détermination des deux parties en présence, si l’armée au lieu d’être neutre se range d’un côté, nous courrons tout droit vers un massacre à grande échelle de la population. Les derniers événements en sont des signes illustrateurs. Je n’emploierai pas le mot génocide qui a une forte connotation ethnique, car dans ce cas de figure, au Togo, aucune ethnie ne serait épargnée.

Devant cette situation qui prévaut à 4 jours de la date du 20 décembre, est-ce qu’il y a des solutions possibles pour éviter le pire ? Oui, mais à condition qu’une volonté politique se dégage en faveur d’une véritable paix.

  • Le Chef de l’État, Commandant en Chef de l’armée, Ministre de la Défense peut ordonner l’arrêt de tout le processus électoral en cours et le retour dans les casernes de tous les militaires.
  • Tous les candidats aux prochaines élections, en prenant conscience qu’ils sont tout simplement en train de cautionner un coup de force militaire, devraient se retirer pour ne pas être complices de cet état de fait.
  • Tous les députés de la législature en cours devraient, à titre personnel, exprimer leur refus de cautionner ce processu.
  • La CEDEAO, prenant acte du fait que le processus électoral est vicié par l’intrusion de l’armée devrait l’arrêter pendant qu’il est encore temps ou l’invalider au lendemain du 20 décembre pour ne pas cautionner un coup de force militaire.
  • Toute la communauté internationale devrait condamner cette implication ouverte de l’armée dans le processus et suggérer son arrêt.
  • Toute la population togolaise doit se remobiliser de plus bel pour faire échec à ce coup de force.

D’ores et déjà, chacun de nous doit prendre conscience de ce danger qui nous guette, et s’engager en son âme et conscience à ne reconnaitre aucune légitimé à l’ensemble des députés qui seraient issus de cette mascarade électorale.

Pour ma part, si ce processus devait, par la force des armes arriver à son terme, je ne reconnaitrai jamais cette nouvelle assemblée illégitime, et je me considérerai comme Député de la Nation jusqu’à ce qu’une véritable élection législative consensuelle, libre et transparente soit organisée. J’invite tous mes collègues de tout bord politique de la 5ème législature qui est encore en cours à faire de même.

                                                         Fait à Lomé ce 16 août 2018

                                                 Le Député Nagbandja Kampatibe

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