Éditorial : « Le jeu politique est-il encore possible en Afrique ? »

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Éditorial : « Le jeu politique est-il encore possible en Afrique ? »

Le continent africain est en butte à de nombreuses crises politiques. Ces crises ont pour fondement la déréliction du langage. Il faudrait donc

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Le continent africain est en butte à de nombreuses crises politiques. Ces crises ont pour fondement la déréliction du langage. Il faudrait donc repenser le dire politique afin d’instaurer la concorde et la sécurité entre les peuples, gages de tout développement harmonieux et de paix durable. Le but du politique est de faire en sorte que la démocratie amenuise les tensions au lieu de les exacerber. Notre sens de l’honneur exige de nous la moralisation de notre penser politique pour reconstruire « le – vivre – ensemble » en toute liberté.

Sortir du système colonial, la paix et la stabilité constituaient deux des principaux enjeux auxquels les pays africains devaient faire face en raison de leur histoire politique et institutionnelle. Comme le montre C. Young, bien qu’elle n’ait duré qu’une période relativement courte de moins d’un siècle dans l’histoire africaine, la colonisation a complètement remodelé ce continent. Elle a créé de nouveaux États, redéfini les enjeux de pouvoir, réorienté les formes économiques, cristallisé de nouveaux intérêts… Le risque, dans ces conditions, était de voir le continent sombrer dans d’interminables guerres de frontière après la fin de la régulation coloniale. Les élections ont été toujours en Afrique de véritables foyers de tensions alors qu’elles sont souvent organisées à coup de millions et ce, avec les ressources du pays. Et comme est du quotidien de la vie démocratique de ce continent, l’on se demande s’il faut encore organiser ces élections ? Ne serait-il pas mieux d’harmoniser les constitutions en Afrique sous forme de monarchie ? Ce faisant, chacun saura en même temps qu’on est revenu à l’ancien comportement de l’homme noir qui consiste, à transmettre le pouvoir de père au fils, de maître au disciple. Cela vaudrait mieux que de servir aux populations, une politique politicienne où les partis politiques de l’opposition qui d’avance acquis à la cause du pouvoir en place et se livrent à cœur joie à une politique trompe œil conduisant des honnêtes citoyens à l’abattoir.

A posteriori, l’Afrique apparaît effectivement comme la « région du monde la plus affectée par les luttes armées ou les crises politiques porteuses de germes de guerre1 ». Tel que l’on peut le voir dans la carte et le tableau suivants, qui sont loin d’être exhaustifs, un nombre impressionnant de pays africains ont été touchés par une forme ou une autre de conflit entre les premières indépendances et le début des années 1990.

Par rapport à l’Europe et aux Amériques, l’Afrique a connu un nombre plus important de conflits2. Leur nombre est par ailleurs demeuré important jusqu’en 2002, période à partir de laquelle ils semblent diminuer.

Dans l’Afrique actuelle, avec l’avènement de la démocratie, l’éducation est en désuétude car les référentiels moraux sont en train de chuter. Nous appelons référentiels moraux, le respect de la chose donnée et de la chose jugée, de l’engagement pris, de la nécessité du dialogue pour résoudre les différends, de la préférence de la vérité au mensonge, de l’essence à l’apparence. Mais, de nos jours, la contestation devient de plus en plus récurrente. Nous ne disons pas qu’il faille avoir une société muette ; cela reviendrait à souhaiter des Etats autocratiques et par conséquent, l’on retournerait à la case de départ. Mais ce que nous voudrions faire remarquer est que « au nom de la politique », la contestation de la jeunesse devient une « clochardisation » de la parole, une inféodation à tel ou tel parti politique, à tel ou tel groupe tribal. Dans un tel cas, elle tend à devenir comme le dit Herbert MARCUSE, « souvent puérile et clownesque. Bien sûr, cette puérilité, cette clownerie apparaissent à l’évidence comme partie intégrante d’actes de protestation authentiques, dans des situations où l’opposition radicale se trouve isolée et outrageusement faible, en face d’un ennemi omniprésent et outrageusement fort. « La maturité » est, par définition le fait du Système, de ce qui est ». Ce qui est, est que la jeunesse n’a plus de repères. Les écoles et les universités, temples du savoir, sont aujourd’hui devenues les champs de bataille politique. Les arguments, les idées, n’ayant plus de substance, se diffractent, se fondent comme une glace sous le soleil ardent des tropiques et coulent bruyamment dans l’océan de la violence.

Il vaut mieux revenir directement à la monarchie au lieu d’insulter l’intelligence des peuples africains.

Théophil KPOHINTO

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