Encore un braqueur abattu sans autre forme de procès

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Encore un braqueur abattu sans autre forme de procès

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« Aux environs de 22 heures 30 minutes, les gendarmes ont surpris deux individus avec une moto en arrêt simulant une panne sur le même tronçon. À l’approche de ceux-ci, les deux individus armés d’une machette et d’une arme de poing ont surgi brusquement sur la chaussée avant de se rendre compte qu’il s’agit d’une patrouille militaire. Ils abandonnent la moto et prennent la fuite vers la brousse.

Le chef de patrouille, ayant réalisé qu’il s’agit des braqueurs, a instantanément ouvert le feu dans leur direction atteignant mortellement un ». Voilà en substance le communiqué de la Direction générale de la gendarmerie, après que le braqueur a été abattu le 4 août dernier par un des chefs de patrouille de la gendarmerie de Borgou, (préfecture de Kpendjal). Une fois encore, nos patrouilleurs de gendarmes auront brillé par leur faculté d’avoir la gâchette facile.

On se demande s’il n’y a pas un autre moyen idoine que celui d’abattre un braqueur sur un jugement expéditif. C’est juger à vue de pays que de réaliser que des personnes qui fuient de nuit sont forcément des braqueurs. Et si c’est bien le cas, rien n’autorise la gendarmerie de tirer, du moment que les braqueurs qui prenaient la fuite ne ripostaient pas à coups de canon. Si c’était le cas, les gendarmes sont dans leur droit d’user de leur légitime défense. Hormis ce cas, ils sont là pour neutraliser, arrêter, pas pour dégainer pour un oui pour un non et tuer pour le plaisir de tuer.

Autant le braqueur est nuisible pour la société, autant sa vie n’en demeure pas moins sacrée. Cette précipitation d’en finir avec les braqueurs cache mal l’incapacité des forces de l’ordre à mettre la main sur ces gens. Inexpérience ou cynisme, il reste que le but des opérations du genre reste de faire incarcérer le coupable, et après les peines purgées, lui permettre la réintégration dans la société à laquelle il fait partie quel que soit le grief qu’on lui fasse. Au Togo, on a l’impression qu’un braqueur c’est le diable en personne. Il faut que le ministre de la Sécurité mette au pas ses éléments pour qu’on n’en vienne pas à actions qui ne valent pas mieux que le braquage lui-même.

Source: Journal Le Correcteur

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