Journalisme et Précarité: Une situation engendrée et encouragée par les patrons de presse qui ont juré d’insérer le journalisme au Togo dans les groupes les plus pauvres à côté des mendiants.

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Journalisme et Précarité: Une situation engendrée et encouragée par les patrons de presse qui ont juré d’insérer le journalisme au Togo dans les groupes les plus pauvres à côté des mendiants.

Allerte!! Allerte!! De la nécessité d'éliminer les « journalistes reporters improvisés » sur les lieux de reportages(Distributeur de journaux, photog

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Allerte!! Allerte!!
De la nécessité d’éliminer les « journalistes reporters improvisés » sur les lieux de reportages(Distributeur de journaux, photographe, chauffeur de l’équipe de reportage, Petit frère de Dp qui ne fait rien, étudiant qui traine à la maison etc…)

Journalisme et Précarité: deux compagnons de vie au Togo

Par Narcisse Prince Agbodjan.

« Les habitudes ont la peau dure », dit-on souvent. De plus en plus de jeunes surtout bacheliers s’improvisent journalistes. Sur le terrain, les agissements des journalistes illustrent un décalage entre l’image que projette la profession et leurs conditions de travail et de vie. Lesquelles conditions laissent vraiment à désirer avec en toile de fond, des horaires à rallonge, le stress, le manque de possibilité pour mieux faire le métier, le manque de moyens pour se nourrir, se déplacer voire soulager sa famille.

Cette précarité, soulignons-le, touche la profession dans sa totalité avec des conséquences visibles et manifestes à tous égards.

Plusieurs fois, ce tableau peu reluisant de la corporation des hommes de médias est dressé par n’importe quel quidam du fait des comportements rétrogrades et on ne peut plus ridicules que ces «journalistes improvisés» affichent sur le lieu de reportage.

Avec la galère ambiante, tout le monde est devenu journaliste-reporter au Togo. Cela va sans dire que n’importe qui est journaliste-reporter notamment le distributeur de journaux, le photographe, le chauffeur de l’équipe de reportage, le gardien du siège de l’organe, le petit frère du Dp qui ne fait rien, l’étudiant qui est fatigué de la maison etc…

Mauvaise foi:

Cette situation est révélatrice de la mauvaise foi de nous-mêmes journalistes et du manque de considération portée par les patrons de presse ayant davantage suscité le mépris que la curiosité.

Puisque nos patrons de presse se sont interdits de payer à leurs employés, le phénomène de « journaliste improvisé » ou encore de « faux-reporter » a pris forme dans la profession.

On nous a appris que le journaliste est avant tout à l’affût de l’information et c’est ce qui explique sa présence sur un lieu de reportage. De nos jours, le contraire se fait remarquer surtout avec la prolifération des sites d’informations.

« Le reporter improvisé » avec la complicité de son patron qui le laisse la liberté de pavaner sur le terrain sans un minimum de formation, l’écriture journalistique du moins et parcequ’il ne veut pas lui faire un salaire, celui-ci va plutôt à l’affût des perdiems sans se soucier du travail qu’il doit rendre.

Le profil du « reporter improvisé »

Il se distingue facilement: Souvent en retard aux reportages. Des fois même, il vient émarger pour un reportage dont il n’a aucune idée de l’information.

C’est encore lui qui se bouscule, encore plus quand il n’est pas encore inscrit sur la fameuse liste des médias. Il suffit de voir le papier blanc, il devient agressif, agité parce qu’il veut être en tête de liste.

Puisqu’il n’est jamais ponctuel au reportage, il doit poser des questions aux autres:

Reporter inventé: bonjour
Confrère: bonjour
Reporter inventé: Stp où se trouve la liste?
Confrère: quelque part dans la salle.

C’est là que tu le verras fouiner dans la salle, sans même chercher à savoir il s’agit de quel évènement, sans prendre note, jusqu’a trouver cette liste si elle existait.

Le plus drôle est qu’il sera auprès de cette liste dans les secondes qui vont suivre. Comme s’il a l’art de détecter les mouvements de la liste dans une salle.
Même si c’est une liste des participants à l’évènement, il s’inscrit quant même. On ne sait jamais.

L’information l’importe peu, son traitement à la fin est sa première préoccupation. Il ne pense qu’à cela. Il y en a qui ne prennent même pas l’information.

Et s’il arrivait qu’il ne soit pas pris en compte par l’organisateur, il se met dans un état d’anxiété et de déception déchirante.

Au cas où on lui donne le perdiem, fournir le travail est trop difficile pour lui. Au même moment, il peut courir sur trois reportages voir quatre dans la même journée. La plupart du temps après avoir encaissé son perdiem, il oublie même qu’il avait été à un reportage et doit faire le papier.

Normal que certains confrères les traitent de « Journalistes whassapiens!! »
« Pays non aligné!! » « Journaleux!! » « Journaliste résigné!! »
« G20 »

La famille s’agrandit:

Le nombre de ces « reporters inventés » s’est agrandi ces dernières années sur les lieux de reportage au Togo.

Ce sont eux généralement les distributeurs de journaux, photographes, chauffeur de l’équipe de reportage, le gardien du siège de l’organe, étudiants qui est à la maison, petit frère du Dp qui est oisif.

Leur mission!! Ramasser les perdiems sur le terrain et ne rien fournir comme travail aux organisateurs. Chaque jour, il y a un nouveau visage qui arrive. Chaque jour quelqu’un doit apparaître, d’où on ne saurait le dire.

Surtout avec l’avènement des sites en ligne, le phénomène a pris de l’ampleur.

Une situation engendrée et encouragée par les patrons de presse qui ont juré d’insérer le journalisme au Togo dans les groupes les plus pauvres à côté des mendiants.

Avec l’aide « des reporters improvisés », le journaliste est vu d’un œil méprisable par tout organisateur d’évènement et qui des fois profite de la situation pour faire son business à lui. Il faut voir comment les chargés de communication et participants aux évènements sont pressés de voir les journalistes quitter les lieux après avoir fini leur travail. Même les hôtesses nous observent avec dédain parce que le journaliste agit comme un famélique.

Que dire du comportement à l’heure du cocktail ou quand une autorité apparait un tout petit peu esseulé, l’attroupement de journalistes qui se créée autour de lui comme du miel entouré de fourmis. Comme si nous vivions dans un cercle vicieux de la pauvreté.

Convention collective, jamais !!

Un constat est clair. En plus de la mauvaise volonté des patrons, c’est le lot des « reporters improvisés » qui refuse de s’organiser pour imposer la convention collective aux patrons de presse. Ils n’ont pas le temps pour réfléchir en syndicat pour une meilleure amélioration de leurs conditions de travail et de vie. Tout ce qui a lien avec une synergie d’actions pour un journalisme professionnel et responsable, ils en sont indifférents. Ce n’est pas leur problème parce qu’ils sont conscients d’une chose : La convention collective a des avantages mais aussi des exigences et surtout « un profil » que « ces reporters improvisés » n’ont pas.
Comme dirait l’autre :« Les réformes sont toujours douloureuses ».

A cette allure plusieurs jeunes reporters non ambitieux ne feront pas carrière dans la profession comme c’est déjà le cas pour la plupart. L’évolution de poste dans nos rédactions est réduite puisque la plupart des reporters devenus rédacteurs n’accèdent guère à l’encadrement, certains d’entre nous ne deviennent chef de service qu’après de nombreuses années d’attente et les rédacteurs en chef proviennent souvent de département annexes. Rares sont ceux qui parviennent à la direction de nos médias locaux exigeant formation spécialisée, mobilité externe, qualification élevée et investissement supérieur. Même lorsque la possibilité nous est offerte, nous refusons, jugeant les responsabilités excessives, d’autant que le poids de la gestion humaine, administrative et financière ne nous laisse guère le temps pour les reportages.

Le journalisme est une profession qui était plutôt protégé historiquement, notamment grâce à une bonne convention collective et qui avait fondé son espoir sur un modèle de salariat.

Le refus de l’appliquer au Togo a accouché de « ces reporters improvisés » qui envahissent la corporation. Il urge de l’assainir en mettant de côté toutes ces personnes qui prennent l’argent des reportages et ont la vilaine habitude de ne pas aller honorer leur engagement.

Chers jeunes confrères, vivons ce métier, travaillons pour devenir meilleur dans la profession et ne nous interdisons jamais de bien faire quand il est encore possible.
SVP RESPECTONS LA PROFESSION.

Le métier de journalisme n’est pas un dépotoir des oisifs!!

Le combat pour éliminer les mauvaises graines de la corporation commence ici et maintenant !!

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