La Tribune De La Semaine De Maryse QUASHIE Et Roger E. FOLIKOUE: « Laissez les parler, ceux qui s’agitent, nous nous arriverons à nos fins, Et si l’heure de notre continent a sonné ? »

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La Tribune De La Semaine De Maryse QUASHIE Et Roger E. FOLIKOUE: « Laissez les parler, ceux qui s’agitent, nous nous arriverons à nos fins, Et si l’heure de notre continent a sonné ? »

Lundi 6 avril 2020, dans le Journal du matin sur Radio France International (RFI), voici ce que dit la journaliste à propos de l’intention du Sénégal

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Lundi 6 avril 2020, dans le Journal du matin sur Radio France International (RFI), voici ce que dit la journaliste à propos de l’intention du Sénégal d’ouvrir de nouveau l’usine qui produisait la Chloroquine. « La Chloroquine améliore la guérison du COVID-19 » et dans la suite de l’élément elle ajoute que c’est une substance controversée.

Lors de notre dernière Tribune, nous attirions déjà votre attention sur la bataille de la communication. Rien que dans cette petite phrase on voit qu’elle continue autour de la chloroquine, que les Africains savent fabriquer : s’ils devaient recommencer ils le feraient en toute indépendance des lobbys de l’industrie pharmaceutique ! Alors pourquoi insérer un petit mot qui instille le doute dans l’esprit du public qui écoute RFI, des Africains extrêmement nombreux et très fidèles ?


Nous ne revenons pas sur la question de la Chloroquine, les faits la trancheront rapidement mais nous voudrions parler encore une fois de la communication. Mais nous nous focaliserons d’abord sur RFI. En Afrique depuis les années 1990, on croit que RFI présente les faits avec objectivité à l’opposé de nos radios d’Etat. Oui c’est vrai, sur RFI, les ficelles ne sont pas aussi grosses que chez nous, mais parfois cela peut être plus dangereux. En effet, nous ne devons pas oublier que c’est une radio de l’Etat français donc obligatoirement au service des intérêts du gouvernement français en place. Écoutons-là avec cette information en tête : nous devons analyser le choix des sujets, les pays souvent cités, la présentation des faits et les mots choisis.
De la même façon, les Togolais, qui prennent connaissance des mesures adoptées dans tel ou tel pays africain, des sommes annoncées, se disent « Ils ont bien de la chance ceux-là ! ». Mais au fond que savons-nous de ce qui se passe en réalité dans ces pays ? Pourquoi ne serait-ce pas des effets d’annonce comme chez nous ? Nous nous permettons d’avancer cette hypothèse parce que nos chefs d’Etat ont les mêmes habitudes… Dans la même veine, revenons à cette histoire de vaccins à tester en Afrique. Ce qui a été fait, du côté français ce sont des excuses après que deux experts aient tranquillement exposé leur théorie consistant à prendre les Africains comme cobayes sans aucune gêne. Tous ceux qui ont regardé l’émission peuvent dire que les experts ont eu l’air de parler sans craindre d’être contestés par leurs autorités de tutelle. Et d’ailleurs ce sont ces autorités de tutelle qui ont présenté les excuses et non vraiment les experts qui se sont contentés d’explications maladroites. Bref, ces excuses semblent signifier qu’apparemment l’affaire est close.


Est-ce vrai ? Des rumeurs sur les réseaux sociaux affirment que le projet fait son chemin et trouverait un accord auprès de certains chefs d’Etat africains… A vérifier.
Mais si c’était vrai cela vous étonnerait-il ? Nous non, car entre leurs intérêts associés à ceux de leurs soutiens occidentaux d’un côté, et de l’autre le bien-être de leurs peuples, certains de nos dirigeants ont vite fait leur choix.
Par conséquent, ce que les Africains doivent dénoncer au fond, ce n’est pas le racisme : il est toujours là depuis des siècles, aux Etats-Unis, en Europe avec les partis d’extrême-droite qui fleurissent, mais surtout les dirigeants politiques européens et américains qui pactisent avec les tenants du racisme. Oui, notre combat actuel n’est pas contre le racisme. En effet, ceux que nous devons dénoncer ce sont tous ceux qui laissent le racisme commettre des méfaits en terre d’Afrique, ceux qui livrent les populations africaines aux racistes pour remplir leurs poches et leurs comptes en banque. C’est un autre combat et d’une autre envergure, qui demandent que l’on prenne plus de risques.


En effet, les racistes, se disent « Laissez les parler, ceux qui s’agitent, nous nous arriverons à nos fins. » Nous pouvons compter sur tel ou tel… Et ils auront raison si le vaccin est quand même testé en Afrique. Cela risque d’arriver sauf si nous citoyens prenons nos responsabilités , si nous nous mobilisons. Comment ?


 S’indigner sur les réseaux sociaux, c’est le premier stade, indispensable pour informer les uns et les autres du danger qui nous guette. Des pétitions ont été lancées, des vidéos enregistrées, nous ne pouvons que féliciter ceux qui ont pris de telles initiatives. Cela a permis d’éviter que les populations africaines ne soient transformées en cobayes dans l’ombre.


 Demeurer vigilants constitue la seconde étape. En effet, comme l’annoncent certains, l’affaire suit son cours. Alors il nous faut ouvrir nos yeux et nos oreilles pour détecter les signes de tests de vaccin dès les débuts. De fait cela dépend de l’endroit où nous nous trouvons, soit dans un réseau d’informations, soit à un niveau politique, mais aussi dans un service de santé publique… C’est au prix de notre vigilance que notre population sera dispensée de cette nouvelle épreuve. Précisons que cela peut ne pas concerner nos dirigeants directement, mais nous devons rester solidaires sur le continent. Et puis, si le test commence dans un pays d’Afrique, qui dit qu’il ne se fera pas dans un autre pays ?


 Refuser de collaborer constitue la troisième étape. En effet la décision peut être prise d’organiser ces tests sans que nous soyons au courant et sans que nous n’ayons pu rien faire. Alors si nous sommes dans une position professionnelle qui devrait nous faire participer à un tel programme, il faudrait que nous ayons le courage de refuser de collaborer, sans dire que nous n’avons pas d’autre choix, car c’est la santé de nos concitoyens au présent et dans l’avenir qui serait alors mise en danger. C’est justement pourquoi ce combat n’est pas seulement celui des professionnels ; il est celui de tout citoyen quelle que soit sa position sociale. Nous avons toujours le moyen de nous exprimer là où il le faut : s’il y a une véritable levée de boucliers en Afrique, les racistes et leurs alliés de la place renonceront à leur funeste initiative.

De toutes les façons, de plus en plus, il faudra que les citoyens africains se préparent pour des combats similaires. Avec cette crise du COVID-19, nous avons vu que l’ère des convoitises à l’égard de notre continent n’est guère achevée, et surtout que certains hommes politiques africains sont prêts à aider à les assouvir.


Le moment est venu pour nous citoyens de ne pas vivre par procuration à travers les indignations des autres, mais de nous mobiliser pour bien cibler les personnes et les groupes qui n’oeuvrent pas pour le bien commun, en vue les dénoncer effectivement, à cor et à cri, à temps et à contretemps.
Nos pays ne peuvent plus être les mêmes après le COVID-19 car de nombreux autres défis nous attendent. Et si l’heure de notre continent a sonné ?

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