La tribune de semaine de Maryse QUASHIE Et Roger E. FOLIKOUE:  « Ça recommence. Nous allons être mangés à la même sauce !»

AccueilSociale

La tribune de semaine de Maryse QUASHIE Et Roger E. FOLIKOUE: « Ça recommence. Nous allons être mangés à la même sauce !»

Le thème de l’urgence a déjà retenu notre attention dans la Tribune du 30 août dernier pourtant, nous nous sentons dans l’obligation d’y revenir parc

La Tribune De La Semaine De Maryse QUASHIE Et Roger E. FOLIKOUE: « Il est temps que chacun fasse sa part et ne cherche pas à trouver la source de son silence et de son inaction chez tel ou tel autre. »
Togbui Charles Kokouvi Aklobessi Kunakey au secours des élèves vulnérables d’Aklobesikopé : des kits scolaires leur ont été offerts pour une bonne rentrée scolaire 2021-2022
Nous avons décidé d’accepter, pour un début l’itinéraire proposé par le ministre Boukpessi Essoyaba pour montrer ce 28 au monde entier que les Togolais ne veulent plus de Faure Gnassingbé.

Le thème de l’urgence a déjà retenu notre attention dans la Tribune du 30 août dernier pourtant, nous nous sentons dans l’obligation d’y revenir parce que la situation ressemble à celle de la période de fin août. En effet, voici ce que nous écrivions à l’époque :
« Apparemment, tout le monde s’affaire à propos des élections présidentielles de 2020.
Autant c’est normal pour ceux qui veulent garder le pouvoir et tout le pouvoir en gagnant ces présidentielles après les législatives et les locales, autant on peut se demander en quoi cela est urgent pour les Togolais. (…) »
Et donc la question qui se posait à tous était : qu’allons-nous faire ? Nous avions donc procédé à une analyse de l’actualité pour trouver l’urgence au cœur des urgences.
Aujourd’hui nous avons de nouveau à creuser l’actualité pour y détecter l’urgence au cœur des urgences car cela est essentiel lorsqu’on doit mettre au point une stratégie. En effet, concevoir une stratégie demande de l’imagination mais au préalable une analyse correcte de la situation permettant de poser les vrais problèmes pour y donner les solutions adéquates.
Alors, où en sommes-nous aujourd’hui ? De nouveau en pleine préparation des élections de 2020, comme c’était déjà le cas en août dernier. On est seulement un peu plus avancé : des candidats se sont annoncés, et le Gouvernement vient d’annoncer trois jours pour l’inscription sur les listes. On se rappelle ce qui s’était passé en mai : les électeurs avaient eu beaucoup de mal à s’inscrire, puis on avait voté, des protestations s’étaient élevées mais les résultats étaient tombés : victoire du parti au pouvoir. Au vu de tout cela, certains se disent:
« Ça recommence. Nous allons être mangés à la même sauce !»
Est-ce vrai ? La situation est-elle pareille ? En un sens, oui parce qu’un schéma archi-connu depuis une quinzaine d’années a l’air de se reproduire pour la énième fois probablement. Et ce d’autant plus qu’on assiste à la même agitation plus ou moins stérile de ce qu’on appelle
l’opposition.
Alors face à cela, nous donnons la même réponse : « l’urgence ce n’est nullement 2020, c’est tout de suite ! Pourtant l’atmosphère générale semble dire le contraire : les gens sont comme cassés intérieurement peut-être se disant qu’ils n’ont plus rien devant eux, que la partie est perdue.»
Que signifiait cette interpellation et que veut-elle dire aujourd’hui ? Elle signifie que c’est au cœur même de ce qui semble pareil, qu’il faut trouver ce qui est différent.

Prenons d’abord l’organisateur des élections. L’enjeu de présidentielles est pour lui beaucoup plus important que celui des locales puisque du maintien de son candidat au pouvoir dépend tout le système bâti depuis des décennies. Mais il n’a pas droit à l’erreur à cause d’un nouvel environnement. D’abord au plan international : les régimes refusant
d’ouvrir la porte à l’alternance par la multiplication des mandats présidentiels sont de plus en plus isolés, (le cas de la Guinée devrait donner à réfléchir) et il n’est pas permis au Gouvernement actuellement en place d’oublier août 2017. De plus, les revendications de la diaspora ne passent pas inaperçues dans les pays occidentaux dont on se dit ami. Le vote d’une loi pour la diaspora n’a pas endormi les citoyens puisqu’au sein même de l’Assemblée Nationale, des voix se sont élevées contre. C’est rare de voir cela au Togo depuis 2005 !
Cela nous amène à parler de l’environnement national. Oui la classe politique s’agite mais une remarque importante : certains leaders politiques ont renoncé à jouer en solitaire. Pour eux l’urgence n’est donc pas d’être coûte que coûte président en 2020 mais d’ouvrir la porte à une nouvelle ère où le jeu politique étant assaini, ils pourront se présenter à des élections en étant sûrs de la transparence et de l’équité de ces élections.
D’un autre côté on sent une impopularité grandissante du pouvoir en place : mise en cause de ce qu’il fait au plan social, dans l’éducation, la santé mais aussi dans le secteur minier, dénonciations de personnalités aux pratiques plus ou moins frauduleuses, et enfin langues qui se délient à propos d’actes criminels comme les incendies des grands marchés en 2013…
Dans tout cela ce qui est vraiment différent, c’est que c’est la première élection présidentielle de l’ère d’après 2005 où on parle tant de la société civile. Que ce soit les partis politiques ou les candidats « indépendants », tous savent qu’il faut désormais compter avec la société civile. Dans le même sens, le regroupement dénommé « Forces démocratiques » montre bien que la plupart des acteurs de la vie sociopolitique au Togo
pensent que les partis ne peuvent pas mener la danse seuls.
Oui, la société civile a une nouvelle place sur l’échiquier national. Et cette place, elle l’a gagnée par le travail accompli depuis 2018. Certains pensaient qu’il lui suffirait de quelques sièges dans les communes lors des élections locales. Quelle erreur ! La société civile ne se donne pas du mal pour que des élus se réclament d’elle, elle milite pour que la société corresponde à ce que les citoyens attendent : un minimum de bien-être pour tous par une
juste répartition des richesses nationales et un vivre-ensemble construit dans l’harmonie des différences acceptées.
Voilà pourquoi, elle a son mot à dire dans ces élections présidentielles. Voilà pourquoi, c’est à la société civile de faire preuve d’imagination pour trouver des stratégies face à un pouvoir qui a mis au point ses procédures pour gagner depuis longtemps mais aussi pour formuler des propositions à l’endroit d’une classe politique apparemment en panne d’imagination
La première remarque à faire est celle-ci : le pouvoir comme la classe politique sont habitués à certaines réactions de la population ou plutôt à un certain manque de réaction des citoyens. Ce manque de réaction était certainement dû d’abord à une insuffisance de prise de conscience mais aussi à l’absence de porte-paroles.
Oui la société civile a besoin de prendre de mieux en mieux conscience de sa force : nous en avons vu des exemples au Burkina Faso, dans une situation insurrectionnelle, en RDC par l’implication des laïcs et des évêques de l’Eglise Catholique, en Algérie avec la mobilisation des jeunes, en France avec les Gilets Jaunes où se côtoient des travailleurs actifs et des retraités. Pays divers, situations diverses, qui montrent que la société civile peut travailler avec toutes ses facettes qui loin d’être antinomiques sont complémentaires. En plus de toutes les personnes issues des différentes couches sociales que nous avons citées, jeunes et retraités, religieux et syndicalistes, il y a les intellectuels qui sont les porte-paroles des centaines de milliers de silencieux qui composent la société civile. Aujourd’hui au Togo, ne commençons-nous pas à les entendre de plus en plus, surtout grâce à une presse indépendante à qui il convient de rendre un véritable hommage ?
Alors nous qui sommes si nombreux et si divers allons-nous tous ensemble manquer d’imagination ? Parce que le succès d’une stratégie réside d’abord dans le fait de surprendre l’adversaire, surprenons l’ensemble de la classe politique par une stratégie qui nous met là où ils ne nous attendent guère, c’est-à-dire, à notre vraie place, les premiers concernés par la destinée de notre pays, ceux qui veulent prendre en main leur avenir. Citoyens togolais, ayons confiance en nous –mêmes, car Notre avenir nous appartient!

error: Le contenu est protégé !!