Lettre ouvert de Mme Maryse QUASHIE aux parents d’élèves: « Comment accepter ce qu’on veut faire des élèves et étudiants ?

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Lettre ouvert de Mme Maryse QUASHIE aux parents d’élèves: « Comment accepter ce qu’on veut faire des élèves et étudiants ?

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«A l’issue de ces concertations fructueuses et après avis du Conseil Scientifique pour la riposte à la pandémie du Covid-19, le Gouvernement décide la réouverture des établissements scolaires et ce uniquement pour les classes d’examen, à compter du lundi 15 juin 2020, afin de terminer l’année scolaire 2019-2020. »

Tels sont les mots du dernier communiqué du Gouvernement en date du 12 juin 2020. Ce communiqué précise que la concertation vous a concernés, vous les parents d’élèves à travers l’Union Nationale Togolaise des Parents d’élèves et d’étudiants.
Vous étiez donc au courant, et de la date, et des modalités de cette rentrée. Alors pourquoi y a-t-il eu comme une sorte de panique le vendredi 12 juin lors de la sortie du communiqué ?
Ou bien vous a-t-on manqué de respect au point de discuter avec vous et ensuite de ne vous prévenir que par ce communiqué ? Que signifie le mot concertation alors ? Mais cela n’est pas le plus grave, car c’est la question des modalités qui reste préoccupante. Comment comprendre que vous, parents d’élèves, acceptiez de ne pas connaître la date des examens nationaux ? Est-ce rationnel de se préparer sans connaître les échéances ?
Comment organiserez-vous les semaines à venir ? Et surtout comment les enseignants vont ils s’y prendre pour préparer les élèves aux examens durant les quatre à six semaines dont le communiqué parle vaguement ? Alors que la plupart des enfants viennent de passer douze semaines à la maison sans que l’État n’ait rien fait pour garder leur lien avec le système
scolaire ? Est-ce après le 15 juin que les répartitions se feront, et que les méthodes se choisiront ? Avez-vous des réponses à toutes ces questions, réponses qui constituent des garanties de la qualité de la reprise scolaire ?
Comment comprendre que vous, parents d’élèves, acceptiez qu’on réduise la question de la reprise de l’école à une question d’examens et d’évaluation ?


En effet, les instructions données prévoient de faire porter les examens tant nationaux que de passage sur les deux trimestres de cours dispensés jusqu’au 20 mars. Dit comme cela, la mesure semble juste en fonction même du fait que durant les douze dernières semaines, l’État n’a rien fait pour les plus pauvres, ceux qui n’ont pu bénéficier d’aucun soutien scolaire.

Mais la question qui se pose est la suivante que fait-on des savoirs et des compétences des dernières semaines où les élèves étaient à la maison ? On les passe à la trappe ?


Avez-vous mis vos enfants à l’école simplement pour qu’ils passent des examens ou pour qu’ils soient correctement formés ?
Essayez de vous imaginer un enfant de CP1 qui est resté à la maison depuis si longtemps, comment abordera-t-il le CP2, sans ne plus rien savoir du tout ? La même question se pose pour toutes les classes dites classes de passage, les CE, CM1, 6ème, 5ème, 4ème et Seconde, des centaines de milliers d’élèves dont on ne dit rien de précis dans le communiqué.


Plus grave encore un élève ayant obtenu le CEPD en 2020, abordera-t-il la 6ème avec les lacunes de 2019-2020 ? Et celui de 3ème, de 1ère, de Terminale ? Que représenteront les diplômes de 2020, CEPD, BEPC, BAC 1 et 2, CAP et BT de 2020 dans ces conditions, une formation au rabais ?


Comment les parents d’élèves, qui savent que les cours de vacances habituels où les enfants sont rassemblés plus pour s’amuser que pour travailler vraiment, n’ont-ils pas pris de garantie sur le réaménagement de la rentrée scolaire 2020-21 dont parle le communiqué ?
Comment les parents d’élèves représentés par l’Union Nationale des Togolaise des Parents d’élèves et d’étudiants, peuvent-ils accepter ce que l’on prépare pour les étudiants ?
Après avoir organisé des cours en ligne que bon nombre d’étudiants n’ont pas pu suivre, des évaluations sont prévues pour le mois d’août.
Que veut-on ainsi faire des plus pauvres déjà pénalisés à cause des problèmes financiers et de connexion, et maintenant doublement punis par un échec probable alors que certains n’ont même pas touché l’aide promise par l’État pour une année normale ?


Comment comprendre que vous, parents d’élèves, envisagiez sereinement qu’après la gestion inacceptable des semaines d’interruption scolaire où on ne s’est guère occupé des plus pauvres, la reprise prévue fasse de l’année 2019-2020 une année compromise pour les élèves issus des milieux déjà défavorisés, et dans de graves difficultés à cause de la gestion calamiteuse de la crise du COVID-19 ?


Comment comprendre que vous, parents d’élèves, acceptiez que l’année 2019-2020 puisse probablement représenter au Togo, une année perdue pour pratiquement tous les apprenants du CP1 à l’université ?


Mais qui n’est pas parents d’élèves ou d’étudiants au Togo ? Comment comprendre alors notre silence dans des circonstances aussi graves pour l’avenir de nos enfants ?

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