Libération des élèves emprisonnés à Dapaong : Quand le remède est pire que le mal

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Libération des élèves emprisonnés à Dapaong : Quand le remède est pire que le mal

Les 5 élèves, arrêtés lors des mouvements de grève des enseignants en avril dernier, ont recouvré leur liberté six mois après, le 17 octobre précisém

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Les 5 élèves, arrêtés lors des mouvements de grève des enseignants en avril dernier, ont recouvré leur liberté six mois après, le 17 octobre précisément. Il s’agit de Bamok Fatou (23 ans) élève au lycée Nano, classe de Terminale ; Konene Sita (23 ans), élève au lycée de Cinkassé en classe de Terminale ; Alaska Mohanz (22 ans), élève au lycée de Tandjouaré en classe de Terminale (major général) ; Sanwogou Lepaguenibe (18 ans), élève en classe de 3è à Tandjouaré ; et Tarkpatike Yendoubou (19 ans), élève au lycée Tandjouaré en classe de Terminale.

Accusés d’avoir posé des actes de violence, ces élèves étaient sommés de payer les 1,5 million Fcfa censés réparer les dommages causés lors desdits mouvements, à raison de 300 000 francs par personne. La bonne nouvelle est qu’ils ont été libérés sans qu’aucune somme ne soit versée. Hourra hourra ! aurait-t-on envie de s’esbaudir, si on ne s’était pas rappelé que ces apprenants incarcérés durant ces six bons mois et qui sont tous en classe d’examen, auront raté leur examen qui aurait pu leur permettre de devenir étudiants pour les uns, lycéens pour les autres pour cette année académique en cours. Les voilà Gros Jean comme devant. Les autorités doivent être contentes d’avoir privé ces esprits à peine naissants du rendez-vous qu’ils avaient avec leur avenir, leur rêve, leur ambition de devenir un jour qui cadre, qui enseignant, qui entrepreneur, qui artiste… Une année de perdue cela ne doit pas être bien compromettant pour un régime autocratique qui punit avec cette haine aveugle, ce manque de finesse digne d’un autre âge.

Une année de perdue ne doit pas tirer à conséquence pour nos chers dirigeants qui oublient vite qu’une année de perdue ne se rattrape jamais, et quand même ces enfants deviendraient les meilleurs de leur promotion, les séquelles d’une année à vie ne s’étiolent pas d’un coup de baguette magique. C’est faire atteinte à leur personne que les priver d’examen, fussent-ils fautifs. Mais ainsi va le Togo. Il en est de ce pays comme d’un État despotique où les citoyens se trouvent privés de liberté pour un oui pour un non un beau matin.

Un mot plus haut que l’autre, un avis clivant et anti-pouvoir, une sortie politiquement incorrecte peut vous valoir condamnation avec à la clé un procès expéditif qui vous ouvre les voies de la prison. Si un système politique a pu pousser l’intolérance jusqu’à priver ceux qui sont censés prendre la relève demain du viatique qui fera d’eux des honnêtes hommes doués de culture générale et de qualités sociales propres à faciliter leur ascension sociale, on voit mal ce régime trembler devant quelque forfait que ce soit.

C’est dire jusqu’où sont prêts à aller ceux qui tiennent les timons de ce règne qui ne s’embarrasse pas d’élégance pour étouffer dans l’œuf toute velléité de contestation. La situation des enseignants ne vaut guère mieux. Et c’est ce même Togo qui se pique d’exemplarité auprès des voisins ! On aura tout vu.

Source : Journal « Le correcteur »

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