OURO-AKPO Tchagnaou, Économiste: « Mesures sociales d’urgence du Chef de l’Etat: Ces mesures sont elles à la hauteur du défi actuel ? »

AccueilPublicité

OURO-AKPO Tchagnaou, Économiste: « Mesures sociales d’urgence du Chef de l’Etat: Ces mesures sont elles à la hauteur du défi actuel ? »

OURO-AKPO Tchagnaou, Économiste, Ex député, secrétaire général adjoint de L'ANC et ancien vice président de la commission des finances et du dévelo

Sommet sur la démocratie aux États-Unis : Faure et sa gouvernance épileptique vomis
Facebook : voici comment activer le « Dark Mode » sur l’appli mobile
WhatsApp: Comment convertir les messages vocaux en texte

OURO-AKPO Tchagnaou, Économiste, Ex député, secrétaire général adjoint de L’ANC et ancien vice président de la commission des finances et du développement économique à l’Assemblée nationale.

Le chef de l’État Faure Essozimna Gnassingbé au vu de l’urgence de l’heure et au vu des compétences constitutionnelles  qu’il dispose sur la nécessité de décréter l’ État d’ urgence s’est adressé au peuple togolais ce 1er avril 2020. Au cours de cette allocution face à la nation tant attendue il a annoncé plusieurs mesures pour endiguer la propagation du Covid-19 et surtout lutter contre les difficultés sociales aux qu’elles font face les populations en cette période d’hibernation économique et apporter un véritable bout de souffle aux entreprises togolaises créatrices de richesses notamment les PME et les PMI par l’intermédiaire des allègements fiscaux.  Sur ces mesures annoncées ronflantes pour les uns, soporifiques pour d’autres, beaucoup de togolais sont non seulement dubitatifs mais restent également sur leurs faims.

En effet l’une des mesures notoire est la constitution d’un fond de 400 milliards pour accompagner de telles mesures. Ces mesures paraissent marginales comparativement aux mesures prises en Côte d’Ivoire où un plan de soutien à l’économie de 2,5 millions d’euros soit 1700 milliards. Si on peut juger prétentieux ou inadaptée cette comparaison, si on part du principe que les deux pays ne sont pas économiquement et démographiquement les mêmes, tout porte à croire que les résolutions prises par le chef de l’État restent plus ou moins faible. Si toujours en Côte d’Ivoire les mesures annoncées sont spécifiées, une répartition par secteur notamment le domaine agricole, les importations, le BTP, le tourisme, le commerce, l’hôtellerie, la restauration et le transport avec une évaluation de la croissance qui risque de passer de 7,2% à 3,6% selon les prévisions jusqu’au mois de juin, cette pédagogie a manqué dans le cas togolais. Le chef de l’État par conformisme se serait en pressé de faire une proposition en attendant ce qu’il y’a lieu de concret. C’est pour cela qu’une sortie du premier ministre, chef du gouvernement Mr Klassou SELOM est nécessaire pour mieux édifier les togolais. L’équivoque mérite d’être levée. Dans cette confusion le ministre du commerce sur les antennes de Radio Victoire / FM a aussi pêché dans ses explications. Il a été loin d’être persuasif sur les questions des prix des produits pétroliers et le coût de l’internet.

Le ministre du commerce par sa rhétorique habituelle n’a pas été capable de reconnaître la baisse considérable du coût de pétrole à l’international qui est désormais passé de 50 dollars à 25 dollars. Il faut noter que depuis un moment le MLK du pasteur Edoh KOMI qui est une association qui défend avec véhémence l’intérêt des consommateurs n’a cessé d’attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité de baisser les prix à la pompe pour soulager un temps soit peu les togolais dans leurs dépenses quotidiennes car la conjoncture mondiale doit inévitablement profiter aux citoyens. On constate au Togo, au lendemain de chaque joute électorale,  l’augmentation des prix de produits pétroliers pour des motifs inavouables. Ainsi l’on pouvait s’attendre à tout sauf la diminution des produits pétroliers voulue par l’opinion publique.

L’insatisfaction est alors complète au sein des couches vulnérables car aucune mesure n’a été prise sur les coûts de communication téléphonique qui devrait suivre les mesures d’annulation des tranches sociales sur l’eau et sur l’électricité. Faut-il s’attendre à des mesures supplémentaires dans les jours à venir ? difficile de se prononcer. un autre problème non moins important est le recouvrement des prêts individuels des particuliers qui devrait normalement bénéficier d’un moratoire de 3 mois de même que la conversion des remboursements liée au service de la dette qui représente le tiers du budget national et de toutes les lignes budgétaires non opérationnelles pendant la période de l’Etat d’urgence tels que les missions et les évacuations à l’extérieur qui coûtent très chers au contribuable. Il devient impérieux de faire une projection, d’anticiper les solutions les plus idoines en relançant les Etats généraux de la santé car cette pandémie  mondiale a révéler le caractère lamentable et embryonnaire de notre système sanitaire. L’urgence est là, le Togo doit dissiper en lui toutes les caractéristiques d’un pays du Tiers Monde et amorcer la voix de développement et de l’émergence.

Le chef l’Etat dans son monologue a eu le mérite d’accorder une grâce présidentielle à 1048 détenus de droit commun ayant déjà purgé une grande partie de leurs peines. Une clémence qu’il faut mettre à son crédit et les couvres feu instaurés car l’expérience a montré que dans un contexte de crise, les droits et libertés s’effacent toujours devant la pression des faits, jusqu’au retour à une situation normale. L’avènement de la pandémie de Coronavinus a entraîné de facto la remise en cause de la mondialisation, une occasion pour les pays africains d’adopter un modèle économique autocentré en privilégiant les circuits courts de la production des biens et services exploitant le mieux les ressources locales disponibles comme le préconise le professeur Kako NUBUKPO dans son dernier ouvrage « l’urgence Africaine ».

error: Le contenu est protégé !!