<strong>Qui pour modérer les ardeurs de parieurs sportifs togolais ?</strong>

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Qui pour modérer les ardeurs de parieurs sportifs togolais ?

À quelques semaines de la Coupe du monde de la FIFA Qatar 2022, les risques associés aux paris sportifs restent des plus alarmants. Pour conjurer le

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À quelques semaines de la Coupe du monde de la FIFA Qatar 2022, les risques associés aux paris sportifs restent des plus alarmants. Pour conjurer le mauvais sort, Santé publique France a lancé une campagne de prévention dénommée « Parier, c’est pas rien », qui a cours jusqu’au 22 novembre.

 L’objectif en est simple : il s’agit pour l’établissement public de « diminuer le nombre de parieurs à usage problématique et d’améliorer la connaissance des risques liés aux paris sportifs, notamment chez les jeunes. Particulièrement addictifs, ces paris peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé et la situation sociale des joueurs qui les pratiquent et de leur entourage », a-t-on appris via un communiqué sorti à cet effet, lequel communiqué énumère, entre autres ravages, les conséquences de ces paris : surendettement, problèmes familiaux, isolement social et suicide dans les cas les plus graves.

Les troubles anxieux découlant du lien entre jeu pathologique et troubles mentaux seraient près de 4 fois plus fréquents parmi les joueurs pathologiques. De la même manière, le risque de trouble de l’humeur serait multiplié par 4,4 et celui d’épisode maniaque par 8,8 parmi ces derniers. Emmanuel Lahaie, chargé de prévention addiction chez Santé publique France, pour qui « les paris sportifs ne sont pas des jeux comme les autres », explique : « C’est ce qu’on appelle une addiction sans substance, les paris sportifs sont parmi les jeux les plus addictifs, ils sont cinq à six fois plus addictifs que les jeux de loterie. On sait que sur 100 parieurs, environ une quinzaine a un risque d’usage problématique, on sait que par rapport aux autres jeux, ils sont pratiqués par une population plus vulnérable, plus jeune, on sait qu’ils sont souvent issus de milieux modestes, et plus fréquemment chômeurs. Additionner ça à la publicité qui montre finalement une façon de s’en sortir dans la vie ou alors de gagner facilement, rapidement plus d’argent, pour jouer et jouer de plus en plus ». Mais la campagne « Parier, c’est pas rien » est là pour accompagner ces personnes en difficulté avec leur pratique de jeux ainsi qu’à leur entourage, proposant une aide et une écoute personnalisées, des informations spécialisées, des espaces d’échange (forum de discussion ou un chat collectif) et d’entraide ainsi qu’un annuaire des structures compétentes dans la prise en charge de l’addiction au jeu. Cette assistance va d’une ligne téléphonique accessible 7jours/7 de 8h à 2h du matin, anonyme et non surtaxée à un site internet qui répond à toutes les questions que se posent les joueurs et leur entourage. Les ravages que causent les paris sportifs ne sont pas visibles qu’en France, tant s’en faut. En Afrique, au Togo plus encore, mal est dévastateur. Qu’il s’agisse des championnats européens, de la ligue des champions, on voit plein de jeunes togolais, chômeurs pour la plupart, prendre d’assaut des salles de jeux, espérant miser qui sur Arsenal, qui sur Barcelone, qui sur AC Milan afin de gagner gros. Beaucoup sombrent dans l’alcool et le tabagisme chaque fois que le sort leur est contraire.

Si en France les paris sportifs arrivent en deuxième position après les jeux de loterie, l’engouement constaté chez les Togolais pour les paris sportifs va croissant et a supplanté la loterie. Au lieu d’être alertées par ce phénomène qui détruit la vie d’une jeunesse qui en est réduite à placer son avenir dans un jeu de hasard, les autorités laissent faire. Aucune campagne de désintoxication. Peut-être font-elles leur miel de cette occupation qui éloigne ces citoyens des réelles préoccupations. On sait depuis la Rome antique qu’il faut « du pain et des jeux» pour faire oublier au peuple les vrais enjeux et le destin collectif. Le pouvoir togolais a bien retenu la leçon.

Source : Journal « Le Correcteur »

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