Un projet de centre national de lecture et des questions

AccueilSociale

Un projet de centre national de lecture et des questions

Le Communiqué sanctionnant le conseil des ministres du 4 novembre 2020 révèle en ses points 8 et 9, un projet de décret portant création, attribution

CÉLÉBRATION DU 5 OCTOBRE 2019 ET 2 ANS DU FCTD: « Si notre avenir nous appartient, il nous revient d’y travailler. »
Canton de Mome/Vo3 : Difficile succession de Togbui Sotowou Guenoukpati II
COVID-19: Des concitoyennes résidants au Liban à bord du Vol Ethiopian Airlines en route pour rejoindre la terre de nos aïeux.

Le Communiqué sanctionnant le conseil des ministres du 4 novembre 2020 révèle en ses points 8 et 9, un projet de décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement du centre national de lecture et d’animation culturelle (CENALAC).

La mise en place de ce centre qui, selon le communiqué, « sera chargé notamment de promouvoir et favoriser l’accès aux livres, à la lecture et à l’animation culturelle ; de veiller à la conservation, à l’enrichissement et à la valorisation du patrimoine des bibliothèques et des médiathèques », vise à « fédérer toutes les structures intervenant dans la lecture publique ». Cette initiative qui n’est qu’à l’état de projet, comblerait le grand vide d’un espace culturel national qui n’a de culture livresque que le nom.

Car le CENALAC pourra mettre en valeur le livre, dernier des soucis de plus d’un citoyen. Dans le même temps, on peut se poser de sérieuses questions. Car on peut se demander autant que Jean Paul Sartre ce que vaut la littérature dans un monde qui a faim. Le besoin primaire des Togolais, c’est avant tout le pain. Il n’y a qu’à voir les habitués des bibliothèques, les familles qui sont de tout temps abonnés à la chose littéraire. La plupart des familles qui font inscrire leurs enfants dans des centres sont aisées. Et si Karl Marx affirmait qu’il n’y a de culture que bourgeoise, les faits le démontrent malheureusement. On nous fera observer que le public, quel qu’il soit, aura accès aux livres. Soit. Mais si ce public est désargenté,
voudra-t-il mettre le nez dans un bouquin le ventre vide ?

Admettons que le Togolais trouve à manger, il reste qu’une éducation nationale pour le retour des livres s’impose. Il faudra alors, pour intéresser le public à ses auteurs, mettre à portée de ce dernier des ouvrages essentiellement togolais, car il est de notoriété publique que des milliers d’apprenants ont fait leur cursus sans vraiment lire un seul auteur togolais.

Et aussi longtemps que la jeunesse affichera de l’indifférence pour la musique togolaise et les traditions locales, on ne voit pas comment elle pourra s’imprégner des auteurs inconnus d’elle, quoique de son propre pays. Espérons que ce centre sera représentatif des goûts togolais, et qu’il ne subisse pas le même sort que la bibliothèque nationale aujourd’hui tombée en décrépitude.

Source: Journal Le Correcteur

error: Le contenu est protégé !!